Propos transphobes, ça suffit!

Hier, alors que je naviguais sans véritable but sur Facebook, je suis tombé sur un article du journal de

Montréal qui avait pour titre accrocheur : mal trié aux urgences, un homme accouche d’un bébé mort-né. L’article présente le cas de cet homme qui s’est rendu à l’urgence dans une ville et un hôpital non-déclaré. Étant à la recherche de sensation forte, j’ai décidé de lire les commentaires. Oh my! J’étais pas prêt. Ce que j’y ai lu dépassait l’aberration, d’autant plus qu’hier était la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. Alors, j’ai décidé de réagir dans cet article aux différents commentaires qui sont venus attaqués ma délicate rétine.

Mais avant tout, comme je l’ai appris dans mes cours de philosophie au Cégep, définissons quelques termes. Oui, c’est important les termes! Comme ça, nous aurons tous la même compréhension du fameux T de LGBT, et ça va éviter les grattements de menton et le haussement de sourcils perplexes.

Transgenre : une personne transgenre est une personne qui s’identifie et qui se reconnaît dans le sexe
contraire à celui qui a été identifié à la naissance, qui adapte son apparence et son mode de vie.

Transsexuel : il s’agit de la même définition que transgenre et à cela nous ajoutons qu’il s’agit d’une personne qui a apporté des modifications à son corps, soit par des chirurgies ou par la prise d’hormone.

Identité trans : il s’agit d’un terme global pour identifier les personnes ne s’identifiant pas au sexe identifié à la naissance. On désigne toujours une personne trans par le sexe à lequel elle s’identifie. Donc, un homme qui souhaite devenir une femme sera une femme trans, et vice versa.

Travestie : il s’agit d’une personne qui porte des vêtements qui sont typiquement portés par le sexe opposé, sans pour autant avoir une identité trans. On pourrait donner en exemple, une Drag Queen. On utilise rarement, voir jamais ce terme vu la connotation péjorative. J’ai décidé de l’inclure pour les besoins de l’article.

Cis (genre) : une personne cis-genre, est une personne dont l’identité sexuelle est identique au sexe déterminé à la naissance.

Place aux commentaires.

Commentaire ayant attaqué ma douce rétine #1
C’est ici qu’on peut voir l’importance de la définition de terme.  Une personne trans n’est pas une personne qui se «déguise» ou qui porte un «costume». Si cette personne était une Drag Queen, là par contre, je serais entièrement d’accord avec ton propos «Top Fan du journal de Montréal». Poursuivons dans l’importance de la définition de terme. Certains hommes peuvent avoir un utérus. Effectivement, comme dans le cas de l’article, il s’agissait d’un homme trans, n’ayant pas eu recours à la chirurgie et ayant donc conservé ses organes génitaux féminins. Ce que tu voulais probablement dire, (et je n’ai absolument aucun doute sur tes intentions), c’est que les hommes cis-genre n’ont pas d’utérus. Mais je comprend qu’il n’est pas d’usage de mentionner cis-genre.

 

Commentaire ayant attaqué ma douce rétine #2
Je ne perçois pas de grande preuve ici. Être trans n’est pas quelque chose qui se passe dans la tête d’une personne, il s’agit de son identité. Point.

 

Commentaire ayant attaqué ma douce rétine #3
Je ne sais pas si on parle véritablement de propagande ici, mais, au final, si nous sommes en mesure de vivre dans une société ouverte d’esprit, qui accepte son prochain et qui célèbre la différence, ben crime, ça m’a tout l’air d’être de la ben belle propagande ça. Je ne vois pas ce que Québec-Solidaire vient faire là-dedans. Il faudrait peut-être que j’en parle avec Manon Massé voir ce qu’elle en pense. Ensuite, je ne doute pas de tes intentions, mais ce que tu voulais probablement dire, c’est qu’un homme cis-genre ne peut être enceinte.

 

Commentaire ayant attaqué ma douce rétine #4
Il y a de cela à peine quelques décennies, l’homosexualité était considérée comme une problématique de santé mentale. Des hommes ont même été hospitalisés pour traiter leur homosexualité. Aujourd’hui, en 2019, on est loin d’avoir cette mentalité et on trouve même que ça frôle le ridicule. Si on s’était arrêté il y a quelques décennies à dire que la communauté LGBT n’était qu’une minorité et que ce n’était pas la norme, nous n’en serions probablement pas où nous en sommes aujourd’hui. Pis y reste encore du travail à faire. Alors, est-ce qu’une personne ayant une identité trans souffre véritablement d’une problématique de santé mentale? Dans la bible du diagnostique de santé mentale an Amérique du Nord (DSM 5), on retrouve la dysphorie de genre. La dysphorie de genre  renvoie à la tristesse ou à la détresse associée à la non-concordance entre le sexe désigné et l’identité exprimée. Les problématiques de santé mentale vécues par les personnes ayant une identité trans ne proviennent pas du fait d’être trans. Non. Elles proviennent de la détresse, de la tristesse, de l’inconfort, de la stigmatisation vécue et des commentaires brûlant les rétines sur les réseaux sociaux.

Une personne diabétique a besoin de prendre son insuline pour éviter les conséquences de sa maladie. Coup de théâtre, l’insuline est une hormone. Est-ce qu’on va se révolter qu’une personne diabétique s’injecte des hormones pour survivre? Bien sur que non! Alors elle est où la différence? Si les hormones permettent à une personne trans de se réconcilier avec son identité sexuelle, en quoi est-ce anormal? Si les hormones l’aident à avoir une meilleure qualité de vie, en quoi pouvons-nous nous permettre de juger?

Pour ce qui est du reste du commentaire…
«Jouer à monsieur patate». Je ne vois pas véritablement où on veut en venir.
La personne assume également que les personnes trans ont des antécédents et un «solide dysfonctionnement». De quoi? Mystère. Tout le monde a des antécédents de quelque chose dans sa vie.

 

En bonus : commentaire ayant attaqué ma douce rétine #5

Eh ben. J’en apprend tous les jours.

Des propos homophobes ou des propos transphobes, il y en a partout sur les internet. Il faut continuer de s’informer, il faut continuer d’informer nos proches. La peur et l’incompréhension de la différence est souvent ce qui motive ce genre de commentaires. Si vous voyez des commentaires transphobes ou homophobes sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à les dénoncer. Pour finir, je vous encourage à regarder la vidéo que j’ai mis en lien ci-dessous. Une belle expérience sociale qui amène à la réflexion.

 

Pier-Luc Banville, inf. B. Sc

Photo couverture : Benson Kua, via Wikimedia Commons.

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À défaut de pouvoir écrire pour la Gazette du Sorcier, j'ai crée la Gazette du Malin-Firmier!

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