Santé mentale. Qu’est-ce qu’on attend?!

Quand on aborde le sujet de la santé mentale dans les médias, c’est rarement parce qu’il s’est produit quelque chose de positif. On en parle beaucoup à la journée Bell cause pour la cause. On en parle un peu plus durant la Semaine de la santé mentale au mois de mai. Quelques fois par-ci par-là. Et on en parle quand il se passe une tragédie. À ce moment-là, on s’enflamme, on s’indigne, on relate les mêmes propos qui sont répétés depuis des années.

«Difficulté d’accès aux services!»

«Budget insuffisant pour la santé mentale»

«Faut que les choses changent»

Et puis après quelques jours, tous ces beaux discours sombrent un peu plus dans l’oubli. Le train-train quotidien reprend le dessus, la poussière retombe et les mêmes sujets reviennent dans les médias. La laïcité, le partenaire gaucher idéal pour Shea Weber, le vocabulaire de Catherine Dorion et la météo: répétitifs et parfois impertinents.

Pourquoi est-ce qu’on arrête d’en parler? Pourquoi demeurons-nous passifs devant une problématique aussi grande, devant un enjeu de société aussi colossal? La population est loin d’être indifférente, ça ne peut être la seule explication. Mais est-ce réaliste de croire qu’à eux seuls, les médias et une couverture fugace du sujet, seront en mesure de porter à bout de bras une mission sociale qui, sans équivoque, doit devenir un projet de société? La réponse est non. C’est pourquoi nous arrêtons d’en parler.

C’est 1 Canadien sur 3 qui souffrira d’une problématique de santé mentale au cours de sa vie. Pratiquement tout le monde est concerné. Qu’est-ce qu’on attend? Pourquoi ça continue d’être tabou si tout le monde est touché? Pourquoi on a si peur de parler de ce sujet là?

Vous êtes certainement plusieurs à avoir vu circuler la lettre d’Émilie Houle dans les dernières semaines. Elle raconte qu’elle a cherché longuement de l’aide appropriée, sans jamais la trouver.
Elle avait 23 ans.
Elle s’est suicidée.

Malheureusement, Émilie n’est pas la première, et elle ne sera pas la dernière. En 2016,  chaque jour, c’était 3 Québécois qui décidaient de s’enlever la vie.
Chaque.
Jour.

Si on veut une meilleure accessibilité aux services, si on veut arrêter de l’attendre ce fameux budget là, si on veut du changement, il faut continuer de s’indigner. Il faut éveiller la conscience sociale de chaque personne pour éviter de nouvelles tragédies. Quand une société se mobilise, quand une société s’implique et s’enflamme sur un sujet, c’est là que les choses bougent.

La santé mentale doit devenir la responsabilité de tous. Il est faux de croire qu’individuellement, nous n’avons pas un pouvoir de changement.

Mais pour ça, il faut avant tout s’informer et vouloir en connaître plus sur la santé mentale pour mettre fin à la stigmatisation. La stigmatisation prend naissance dans les étiquettes que nous accolons aux gens et dans les idées préconçues qui y sont associées. L’incompréhension de la différence ne fait qu’enrichir les préjugés. Non, la dépression ce n’est pas qu’être déprimé et manquer de volonté. Avoir un trouble anxieux ça ne se réduit pas seulement à être stressé. Avoir un trouble de l’attention et de l’hyperactivité, ce n’est pas qu’être dans la lune et être turbulent. La bipolarité c’est loin d’être quelqu’un qui change d’idée constamment.

On a tous une santé mentale et une santé mentale, ça s’entretient. Tout le monde est à risque, que tu sois beau, que tu sois laid, que tu sois riche ou pauvre, que tu sois jeune ou que tu sois vieux et indifféremment de ton identité et orientation sexuelle.

Il faut continuer d’en parler et de soulever la problématique. Ça peut prendre une multitude de formes; en écrivant sur la santé mentale, en partageant des articles sur la santé mentale, en discutant dans un souper de famille, en faisant de la sensibilisation au travail ou auprès de ses proches. Tous les moyens sont bons dans la mesure où la santé mentale devient et demeure un combat collectif quotidien.

Comme acteurs dans le milieu de la santé, nous continuerons à soulever de nouvelles idées et à contribuer au débat en matière de santé mentale. Ce texte n’est que le premier qui s’inscrit dans un long combat pour une meilleure santé mentale et une meilleure accessibilité aux services.

Il faut faire en sorte que l’accessibilité et la disponibilité des services psychosociaux soient conséquentes par rapport à notre souci envers les problèmes de santé mentale. Individuellement, tout le monde peut être une partie de la solution.

Nos condoléances à la famille et aux proches d’Émilie Houle.

Pier-Luc Banville, inf. B. Sc

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À défaut de pouvoir écrire pour la Gazette du Sorcier, j'ai crée la Gazette du Malin-Firmier!

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