Les soins intensifs

Pour mon article du mois de juillet, je dois parler des soins intensifs : le département où je travaille dans la merveilleuse vallée du CHPLG (voyez mon allusion à un conte de fées). Qu’est-ce que les soins intensifs ? J’ai cogité sur ce sujet pendant un bout… Comment décrire quelque chose dont on est si fier sans dénigrer les autres unités de soins ? Dans ce texte, je parlerai au JE… Donc, je résume, tous les commentaires sont de moi et en aucun cas, je ne pense pas me sentir supérieure aux autres unités de soins. Je trouve que les gens doivent être à leur place et être satisfaits de leur travail. En travaillant aux soins je me sens à ma place. Je tenterai de vous expliquer en quoi consiste les soins intensifs, mais sachez que cela n’est que la pointe de l’iceberg. Il y a tellement de choses à parler que je ferai un léger survol. De plus, sachez que je n’ai pas l’expérience de certains de mes collègues. Cela fera 3 ans que je travaille aux soins intensifs et je suis loin d’avoir tout vu. Je tenterai de vous partager cette passion pour les soins. Bon, voici pour l’introduction… Elle est un peu poche… Mais c’est comme ça ! L’inspiration en ce beau mois de juillet n’y est pas. Soyez indulgents !

(P.S. : Je, le Malin-Firmier, étais dans les vapes et publie l’article avec 2 mois de retard)

intubation endotrachéal
Source:http://www.trialexhibitsinc.com/blog/stock-exhibit-spotlight-endotracheal-intubation/

Comment décrire les soins ? Les soins intensifs, à mon avis, sont la dernière étape avant le grand corridor avec la lumière au bout du tunnel (le seul tunnel dans le Québec où il n’y a pas de travaux… HA HA HA !) Mon travail est de vous empêcher de prendre ce tunnel… Mais parfois, malgré tous nos efforts, le tunnel est inévitable. La plupart du temps lorsque vous êtes aux soins intensifs, vous n’êtes pas «top shape». Le patient est souvent intubé (voir la photo ci-dessous). Source:http://www.trialexhibitsinc.com/blog/stock-exhibit-spotlight-endotracheal-intubation/

Ventilateur (1)
Source: http://srlf.cyim.com/grandpublic/images-reanimation/index.phtml

L’intubation permet de protéger les voies respiratoires et ainsi permettre au patient de bien se ventiler (respirer avec l’aide d’un ventilateur, on appelle cela de la ventilation mécanique.) En effet, lorsque le patient ne peut plus assurer lui-même sa respiration, il faut l’intuber. L’intubation permet aux poumons de prendre un «break». Avec le respirateur on peut s’assurer que les échanges gazeux dans les alvéoles pulmonaires se fassent mieux (pour ceux qui ne le savent pas, lorsque nous inspirons et expirons, il y a un échange gazeux pour envoyer de l’oxygène dans notre sang et à toutes les cellules de notre corps. Bref, petit cours de biologie…Vous allez vous coucher plus intelligent ce soir… Ça me fait plaisir !) Donc, lorsque le tube est installé, on pousse de l’air dans les poumons. On peut contrôler la fréquence respiratoire, le taux d’oxygène dans le sang, la pression de l’air poussée dans les poumons… Bref, on peut contrôler complètement la fonction respiratoire. La plupart du temps lorsqu’un patient est intubé, on lui donne un médicament pour le faire dormir et le rendre mou ! (Oui, oui le rendre mou !) Plus le patient se laisse faire et plus la ventilation se fait comme il faut. Voici une photo d’un respirateur ci-haut. C’est beau hein ? On dirait de l’art !

Une caractéristique qui est propre aux soins intensifs est le moniteur cardiaque. Voici une image du moniteur. Avouez que c’est beau aussi !

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Source: http://srlf.cyim.com/grandpublic/images-reanimation/index.phtml

Le  moniteur cardiaque est l’ami le plus cher de l’infirmière (regardez que j’utilise le féminin, car si vous ne le savez pas, les soins infirmiers utilisent le féminin dans toutes les publications. Mes profs du Cégep seraient fiers de moi!). Le moniteur sert à récolter des données. Je peux prendre la pression (tension artérielle), regarder le pouls (fréquence cardiaque), la saturation (taux d’oxygène dans le sang) et prendre plusieurs mesures qui sont importantes. J’avoue que nous sommes un peu paresseux… Lorsque je travaillais sur une unité de médecine, je devais toujours courir après les machines de signes vitaux, mais maintenant, j’en ai une dans toutes mes chambres. Tous les moniteurs sont reliés à un plus gros moniteur qui est situé au poste de l’infirmière. Donc, je vois tout de ma chaise… J’avoue que cela parait encore plus paresseux ! Mais détrompez-vous ! Le fait d’avoir toutes les données à porter de mains peut être très positif et très négatif parfois. Pour ma part, mes taux de stress et d’anxiété sont directement reliés au moniteur, mais cela fait partie du jeu. Il y a près de 7000 alarmes sur le moniteur… J’exagère à peine… On peut les régler comme on veut. On doit s’assurer que les alarmes soient en fonction à chaque quart de travail, cela fait partie de notre première évaluation. Je considère le moniteur comme un gros Ipad géant, mais sans les jeux et sans Pokémon Go… Tout est fait en fonction de la facilité et la rapidité d’exécution. On ne peut pas attendre, les patients sont presque toujours instrumentés avec une voie centrale (pour avoir une voie d’accès rapide pour donner des médicaments sans avoir à mettre un soluté dans une veine), une canule artériel (c’est un câble qui est mis dans l’artère radiale au poignet qui permet de calculer la pression à tous les millièmes de seconde et nous permet aussi de faire des prélèvements sanguins plus rapidement. Pensez-y, c’est une artère et il y a beaucoup de pression !) Tous ces instruments sont essentiels pour notre travail. Pour ma part, plus un patient est instrumenté et plus je trouve que c’est génial ! Les instruments sont essentiels dans les situations d’urgences, donc chaque minute qu’on peut sauver, ben on peut donner plus de temps aux patients et aux familles. On essaie toujours d’intégrer la famille, on tente d’expliquer ce qui se passe, car plus une famille est informé et plus le stress pour elle diminue.

Bon fini pour la technologie, entrons dans le vif du sujet… Car je suis conscient que vous vous êtes sûrement endormi durant les 2 premiers paragraphes… Je vais vous faire plonger dans l’action, car de l’action il y en a !!! Les soins intensifs sont très, très stimulants. Les journées ne se ressemblent pas du tout. Une journée, tout est calme et  des heures plus tard, c’est le «CHAOS». L’équipe de travail est très importante. On doit travailler en équipe, car sinon on ne peut pas tout gérer lorsque le chaos s’installe. Les infirmières des soins sont un peu… Même très bizarres ! Lorsque le son de l’alarme de l’intercom sonne et qu’on entend: «ATTENTION, ATTENTION… CODE BLEU AU C21»… On est comme… Contents, car si c’est un vrai code bleu (le code bleu est un arrêt cardio-respiratoire chez un patient, dans l’hôpital, qui doit avoir une assistance rapide et être intubé d’urgence) nous aurons probablement une nouvelle admission. Lorsque nous savons que nous allons avoir une admission, une certaine énergie apparaît et on devient excités, lorsque le patient franchit la porte des soins et est installé dans sa chambre… Au moment où le patient «nous appartient», une décharge d’adrénaline nous emporte et toutes nos neurones fonctionnent à plein régime. Le patient ne va pas bien, on appelle le médecin, on tente de corriger la situation, on demande de l’aide, bref, on fait tout pour que le patient ne prenne pas le fameux tunnel. Toutes les infirmières des soins sont un peu TOC (troubles obsessionnels compulsifs). On veut tous que nos tubulures de soluté passent par là, que les tubes du patient passent de ce côté, que les machines soient de ce côté de la chambre et non de l’autre, que toutes les tubulures soient identifiées pour savoir ce qui coule dans le patient, avoir toujours une voie ouverte en cas d’urgence… Bref, on veut que tout soit parfait. Le plus gratifiant est de voir le patient prendre du mieux, de voir qu’il est extubé, qu’il marche dans le corridor et de voir qu’il aura congé en médecine générale, car il ne demande plus autant de surveillance. Je sais alors que mon travail à été bien fait.

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Source: http://incolors.club/collectionpdwn-patient-in-hospital-bed-icu.htm

Voilà, je crois que j’ai fait le tour ! J’adore les soins intensifs. Il y a beaucoup d’émotions sur l’unité, on déteste perdre des patients… Avoir travaillé si fort et se rendre compte qu’on ne peut plus rien faire. Au contraire, on est heureux de voir qu’on a fait une différence. De se faire dire par les familles que si nous n’avions pas été là…. Le patient ne serait pas en vie ! Nous sommes une équipe 24/24, 7jours/7jours, 3 quarts de travail et on aime tous notre travail… N’oubliez pas, on aime mieux vous voir à l’extérieur des soins, mais si vous avez la malchance d’être parmi nous, on se battra corps et âme pour vous remettre sur pieds ! En espérant vous avoir transmis ma passion !!!

02erin_johnson01.jpg
Source: http://www.mlive.com/multimedia/muskegon/index.ssf

 

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2 commentaires sur « Les soins intensifs »

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