La schizophré-quoi?

Il arrive souvent que les gens pensent que les personnes atteintes de schizophrénie sont simplement des «fous dangereux» sans vraiment connaître de quoi il s’agit. Donc, pour vous, mes très chers lecteurs, voici un cours de schizophrénie 101 pour vous aider à mieux comprendre cette maladie!

Tout d’abord, c’est quoi au juste?
Ce ne sont pas des espèces de zombies meurtriers comme on voit dans les films! C’est une maladie mentale chronique, donc qui est persistante, qui touche 1% de la population canadienne et qui est très accablante pour la personne atteinte. Comme elle est dite «mentale», cette pathologie touche le cerveau.

C’est bien beau tout ça, mais comment ça affecte la personne malade?
On voit l’apparition de périodes psychotiques. Qu’est-ce que c’est que ça? Il s’agit de périodes où il y a perte de contact avec la réalité, que ce soit par le biais d’hallucinations, d’idées délirantes, etc. On peut aussi observer un air qui nous semble froid où peu ou pas d’émotions paraissent. Que ce soit dans une situation joyeuse ou triste, il y aura une réaction faible, inexistante ou inappropriée (ex : rire s’il s’agit d’une mauvaise nouvelle) de la part de la personne souffrant de la maladie. Il arrive aussi que la personne change très rapidement l’expression de ses émotions. La motivation peut également être touchée et ainsi diminuée.

Est-ce que c’est contagieux ?

La schizophrénie N’EST PAS CONTAGIEUSE ! En fait, selon plusieurs études, dans 60% des cas, la maladie est transmise de façon héréditaire, donc les parents transmettent les gènes de la maladie à leur(s) enfant(s). Il y a aussi d’autres causes possibles, selon certains chercheurs, telles que l’exposition à des virus pendant la grossesse, ce qui est le cas de l’exposition au virus de la grippe. On note également l’abus de substances (cocaïne, LSD, amphetamines) ou encore l’exposition à des évènements traumatiques et j’en passe. Il y a plusieurs facteurs pouvant amener à développer une schizophrénie, mais les théories contemporaines s’accordent selon un modèle vulnérabilité-stress.

Nait-on schizophrène ?
Aucune étude n’a démontré avec certitude qu’on nait schizophrène. Cependant, on sait qu’une personne souffrant de schizophrénie donnant naissance à un enfant qui n’est pas atteint de la maladie sera plus vulnérable à la développer s’il est exposé à certains facteurs (ex : consommation de drogue/alcool, difficulté d’adaptation en situation de stress, etc.)

Devient-on schizophrène du jour au lendemain?
Non. En fait, la maladie se développe sur une longue période. Généralement (insistons sur le mon généralement), à l’adolescence pour les hommes, et au début de la vie d’adulte pour les femmes. Elle est divisée en trois phases : prémorbide, prodromique et psychotique (Pas besoin de se rappeler de ça par cœur…) Dans la phase prémorbide, certains symptômes subtils sont observables, comme le fait d’être solitaire, avoir des difficultés sociales, difficultés cognitives, etc. Par la suite, dans la phase prodromique, on voit l’apparition des premiers signes dits avant-coureurs. La personne peut montrer un désintéressement de ses activités habituelles, un détachement envers ses proches et un air indifférent. L’isolement devient plus fréquent et important et on peut remarquer une négligence de l’hygiène corporelle et une diminution de l’initiative. Il peut y avoir des obsessions et un sommeil augmenté/diminué. Finalement, le moment où le diagnostic est posé est lorsque les psychoses (perte de contact avec la réalité) sont présentes. Les symptômes deviennent plus persistants et plus graves.

Dois-je avoir peur?

Non, pas du tout. En phase psychotique, la personne peut devenir plus agitée, voir violente, mais surtout envers elle-même, car elle perd la notion de ce qui est réel ou non. La personne atteinte de schizophrénie a souvent une moins bonne estime d’elle-même et de 40% à 60% des personnes atteintes tentent de se suicider. Certaines hallucinations peuvent mener la personne à faire des gestes nocifs. Pour elles, ce qu’elle voit, ressent ou entend, c’est réel, ce qui fait que la réalité d’une personne souffrant de schizophrénie est différente d’une personne non-atteinte. Les hallucinations sont rarement agréables. Les hallucinations auditives peuvent être sous forme d’insultes, de menaces ou peuvent donner des ordres. Les hallucinations visuelle peuvent être effrayantes. Il peut également y avoir des hallucinations qu’on appelle cénesthésiques, où la personne peut ressentir des fourmillements ou des insectes qui grouillent sous la peau. Il existe d’autres types d’hallucinations mais nous ne les aborderons pas ici.  En lien avec cela, voici une vidéo qui peut aider à comprendre ce que la personne souffrant de schizophrénie, en période psychotique, peut entendre comme hallucinations auditives. Il est préférable d’écouter la vidéo avec des écouteurs. Elle est en anglais, mais reste que ça donne une bonne idée.

Est-ce que ça se traite?

On peut traiter les symptômes psychotiques avec des antipsychotiques (ça fait du sens) ou autrement appelés neuroleptiques. Malheureusement, la maladie ne peut pas être guérit, malgré qu’ avec un bon traitement pharmaceutique, la personne peut voir sa condition grandement améliorée. Une thérapie médicamenteuse est bien plus efficace lorsqu’elle est jumelée à des thérapies cognitive-comportementales et de la psychoéducation. Un soutien psychologique et une présence pour la personne malade et les proches est également un très bon adjuvant.

Donc ici se termine le cours de schizophrénie 101! Vous voilà donc un peu plus informés sur cette maladie, mais on aurait pu en parler encore bien longtemps! Ce qui est important à retenir de cet article, c’est que lorsque la personne schizophrène n’est pas dans une période psychotique, elle est comme vous et moi. Vous pourriez très bien côtoyer des gens atteints de cette maladie sans même le savoir! Alors, cessons les préjugés face à la schizophrénie, et tentons plutôt de comprendre la maladie et accompagner les gens atteints pour leur permettre une prise en main de leur vie la plus efficace qu’il soit.

Écrit par Sabrina Rivard, étudiante en soins infirmiers.

SOURCES:
1. http://www.douglas.qc.ca/expert_advices?id=283
2. http://sante.canoe.ca/condition_info_details.asp?channel_id=0&relation_id=0&disease_id=116&page_no=2
3. M. FORTINASH, Katherine, A. HOLODAY WORRET, Patricia, Soins infirmiers, santé mentale et psychiatrie, chapitre 14

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